Notre histoire trouve son origine dans une ambiance…

Courges de Siam en pergola dans le jardin.

Enfant, j’ai eu la chance de grandir dans une maison entourée d’un vaste jardin, avec des arbres, un poulailler et des clapiers. Mon grand-père était apiculteur et aussi un peu arboriculteur. Il faisait son vin lui-même. Le jardin nous fournissait les légumes et les petits fruits ; le verger les cerises, les pommes, les poires, les mirabelles et les quetsches. Mon grand-père faisait le commerce du miel et ma grand’mère celui des œufs.

Ma première greffe.

J’ai greffé mon premier arbre à l’âge de 4 ans et ça a marché ! Et lorsqu’il a donné du fruit, j’avais droit à une belle pomme pour le 10 heures à l’école ; c’était la variété Starkrimson : une belle et grande pomme rouge, tronconique, anguleuse, avec de petites bosses autour de l’œil… Quand j’y pense, c’est toujours aussi magique !

La nature j’y suis sensible et j’aime l’observer.

Lorsque je me suis marié, ma femme et moi avons décidé de faire un jardin et de sortir des traditionnels carottes, poireaux, céleris, haricots, tomates… pour expérimenter avant l’heure les légumes oubliés. C’est 10 ans plus tard que je suis tombé dans l’arboriculture au gré d’un déménagement.

Réfléchir aux techniques culturale.

Ma sensibilité m’a rapidement fait réfléchir à la manière dont nous pensions les techniques culturales. Petit à petit, je me suis rendu compte que les traitements que nous utilisions n’étaient pas anodins et j’en ai fais personnellement l’expérience, un jour, en m’empoisonnant. La décision est prise de ne plus traiter avec des produits de synthèse.

Je commence alors à réfléchir à comment utiliser du compost et du purin d’ortie : c’est une longue phase d’apprentissage avec ses petits plaisirs et ses déboires. J’ai dû tout apprendre par moi-même, souvent sous le regard amusé de mes pairs.

Le danger des traitements phytosanitaires.

Une prise de conscience.

Les années 2014-2016 marquent un tournant dans ma prise de conscience écologique. Il y a d’abord la lecture du livre « La sobriété heureuse » de Pierre Rabhi, puis sa conférence du 10 octobre 2015 à Dettwiller. Il y a aussi la sortie de la lettre encyclique Laudato Si’ que je lis en 2016. Une chose m’étonne : Pierre Rabhi et le pape disent la même chose. Bien sûr, chacun s’adresse à son public et dans son langage mais ils partagent la même conviction et véhiculent le même message : nous n’avons qu’une seule terre et nous ne pouvons pas continuer à l’exploiter sans vergogne comme nous le faisons.

Cela me travaille. Je réfléchis. J’en viens à la conclusion que c’est le consumérisme qui est à l’origine de nos maux. Une seule solution : ne plus consommer ! Facile à dire ! Quand on est seul c’est impossible mais à plusieurs cela entre dans le domaine du possible. C’est radical et cela demande d’imaginer une vie communautaire… Pendant 6 ans, ma femme et moi réfléchissons à ce projet que nous appelons « Projet interaction et sobriété ». Nous en parlons autour de nous mais ça ne prend pas. Nous sommes conscients que pour que le projet soit d’Église, il faut un partage. Nous en informons notre évêque. Nous ne suscitons que des adhésions furtives. C’est une situation qui nous étonne nous même ; il n’est cependant pas question de faire quelque chose tout seul dans notre coin. Nous confions le projet dans notre prière.

Logo Animateur Laudato Si'

Il faut avancer.

En août 2022, excédé par ce statu quo, cette immobilité, je reprends à mon compte la citation d’Albert Einstein, « On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème. »

Ma femme se met à rechercher sur le net des idées de solution et tombe sur la page du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral qui propose une formation d’Animateur Laudato Si’. Nous sommes le 23 août et la formation commence le 24 août ! Je prends la décision de m’inscrire. La page est en Français mais dans les langues proposées il n’y a pas le Français : j’ai le choix entre l’Italien, le Portugais, l’Espagnol et l’Anglais. Vu la date de début des cours et l’énergie que nous avons déployé pour trouver quelque chose, l’hésitation est faible : j’opte pour l’Anglais. Et je ne l’ai jamais regretté.

La formation dure deux mois et pour le 5 octobre nous devons rendre un Capstone Projet qui se traduit par projet pierre d’angle dans lequel les futurs animateurs sont invités à organiser un événement ou une activité pour et avec leur communauté afin de célébrer la Saison de la Création.

Pour que le projet soit valide, il faut réunir autour de soi une équipe d’au moins 5 personnes. J’arrive à trouver 3 personnes dont ma femme. Nous sommes mi-septembre. En paroisse, l’accueil est plus que timide… c’était trop tôt, c’était trop neuf ! Cela n’a pas pu se faire.

Après un petit temps de désarroi, nous avons prié. Les formateurs avec qui je partageais ont prié pour la réussite du projet. Les Missionnaires Xavériens, en Angleterre, ont aussi prié pour la réussite du projet. Il y a eu une véritable et extraordinaire chaîne de prière. Petit à petit des embryons d’idées ont germé. Il s’agissait de faire avec ce que nous avions à disposition et en fonction de nos moyens, en toute humilité. On sentait la pâte lever… et le cœur était paisible.

Groseilles à maquereau blanches.

Un lieu d’expérimentation !

Une idée dans Laudato Si’ m’avait toujours particulièrement interpellé : toute créature loue Dieu à sa manière. Dans LS_87 il est marqué : « Quand nous prenons conscience du reflet de Dieu qui se trouve dans tout ce qui existe, le cœur expérimente le désir d’adorer le Seigneur pour toutes ses créatures, et avec elles, comme cela est exprimé dans la belle hymne (de la Création) de saint François d’Assise ». Ainsi un caillou peut louer Dieu à sa manière ? Cela dépend du regard que nous posons sur lui !

Trouver un lieu où l’on peut expérimenter cela ? De préférence en pleine nature ? Petit à petit nous nous rendons compte qu’un verger peut très bien se prêter à cette expérience. Ça tombe bien ! nous en possédons un, pas très loin et bien placé au bord d’une route passante. C’est comme cela qu’est née l’idée de la création d’un Verger Laudato Si’.

Festin de l'araignée dans le verger.

Notre histoire d’amour.

Dans notre relation à la nature, il y a aujourd’hui beaucoup de culpabilisation. Mais Laudato Si’, qui se traduit par Loué Sois-Tu, n’est pas une culpabilisation.

En fait, la meilleure façon d’avancer sur l’écologie n’est pas de culpabiliser mais de montrer la beauté des choses. D’ailleurs, comment se laisser émerveiller par ce qu’on n’a pas touché ? Peut-on aimer et respecter quelque chose qu’on n’a pas touché ? Ne dit-on pas « loin des yeux, loin du cœur » ? On sent bien là l’importance d’être en proximité avec la Création : pour lui donner une réalité, il faut pouvoir la toucher, la sentir, la goûter, la voir, l’entendre… C’est nécessaire car nous-mêmes sommes tous des créations, des créatures, et nous ne pouvons pas oublier que chaque réalité est faite pour le Père et que le Père les unis dans son Amour pour former une immense communion ; nous ne sommes jamais seul car nous interagissons toujours et nous le faisons avec le Père par le Fils et dans l’Esprit : Laudato Si’ !

Un verger Laudato Si’ pour quoi faire ? Pour faire connaître Laudato Si’ à tous.

  • C’est un verger où l’on respecte toute chose, où chaque créature peut louer Dieu à sa manière.
  • C’est un verger ouvert à tous où il fera bon de s’arrêter.
  • C’est un lieu qui appelle à la prière ; cette prière toute simple qui est la contemplation de la Création et qui conduit à la louange.
Panneau Verger Laudato Si'.

Enseigner les valeurs de Laudato Si’.

Il faut maintenant donner corps au projet. Le travail de fond est d’inventer une pédagogie autour de ce lieu pour enseigner les valeurs de Laudato Si’. L’équipe Capstone Project s’est formée. Nous avons décidé de nous appeler Équipe Laudato Si’ en Mouvement ; une manière de signifier la motion qui nous met en route et les horizons différents d’où nous venons.

Nous décidons d’organiser la plantation d’un poirier le dimanche 2 octobre 2022 à 16h00 :

  • Ce sera une manière originale de découvrir la technique de plantation et des soins à apporter au végétal tout en y associant la dimension spirituelle qui nous relie à la création.
  • Une façon authentique de percevoir notre environnement, la nature, les êtres et les personnes qui nous entourent. Nous faisons intimement partie de cette création et nous n’avons que cette Terre pour vivre ; alors apprenons à en prendre soin.
  • Nous invitons tous ceux que l’expérience intéresse, chacun est le bienvenu.
Comparaison de l'enracinement d'un arbre et de notre enracinement dans la foi.

Nous avons utilisé l’arbre pour montrer l’importance de l’enracinement dans la terre (pour l’arbre) comme dans la foi (pour nous) afin de pourvoir recevoir le souffle du vent ou de l’Esprit Saint. Celui qui n’est pas bien enraciné vacille. Nous avons utilisé l’image du tuteur de l’arbre pour signifier l’importance de se soutenir les uns les autres car un chrétien isolé est un chrétien en danger. Les racines de l’arbre ne peuvent être fortes que si elles peuvent puiser les ressources nécessaires dans le sol mais aussi être nourries par la sève élaborée par la photosynthèse des feuilles. Il lui faut de la bonne terre, arrosée régulièrement par la pluie, et de l’ensoleillement. De même notre enracinement nourrit par la prière ne peut s’épanouir que si nous sommes éclairés par la lumière de l’Esprit Saint ; nous avons besoin pour grandir dans la foi, de nous nourrir et de nous laisser guider.

Une belle histoire, un beau témoignage…

L’action réalisée se voulait être une façon de témoigner et je crois que nous avons réussi à semer quelque chose. Il y avait 14 personnes au verger pour assister à la plantation du poirier mais beaucoup d’autres personnes ont vu la publicité dans le journal. Je vous rapporte ici une conversation entre quatre personnes, entendue le lendemain soir, et qui est assez éloquente de la façon dont cela a marqué les esprits :

« Alors, ça a donné quoi votre action ? Y avait-il du monde ?
— Oui, il y avait du monde. »
La conversation continue et on donne quelques détails et précisions de ce que nous avons fait…
« Vous avez fait prier les gens ?
— Oui.
— Et ils ont prié ?
— Oui.
— Ah ! »

Suit alors un moment de silence et puis une personne confie :
« Moi aussi, quand je vais dans mon jardin, avant de planter ou semer, je prie… »

La conclusion pourrait s’exprimer en ces termes : « Laissons germer les graines et soyons là pour les accompagner lorsqu’elles en manifesteront le besoin ! Continuons à être témoins. »

Le verger est un lieu d’ancrage. A nous de le faire vivre afin qu’il soit un tremplin.

Ces petites histoires
qui font notre histoire…

La création du verger

Nous avons créé le Verger Laudato Si’ la dernière quinzaine de septembre 2022, pendant le Temps pour la Création.

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Plantation d’un arbre

Nous avons réfléchi sur le sens et la technique de plantation d’un arbre ; et si nous avions les mêmes besoins qu’un arbre ? Drôle de similitude…

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Semaine Laudato Si’ 2023

Espérance pour la terre,
Espérance pour l’humanité,
Une action organisée chaque jour de la semaine.

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Temps pour la Création

En cette belle fin d’Eté 2023 nous avons organisé une projection du film La Lettre et nous avons clôturé ce temps par une messe de la Création.

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Haie de Benjes

Et voici qu’une équipe de la JOC nous aide à aménager dans ce verger un recycleur de vieilles branches idéal pour accueillir les petites bêtes…

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Chapelet Laudato Si’

Tous les deuxièmes jeudis du mois, de 18h00 à 18h30, nous nous réunissons pour prier ensemble au Verger Laudato Si’ de Gresswiller.

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Avent 2023

Cette année nous sommes particulièrement invités à Prier et Agir : « La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jacques 2,17)

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COP 28

La 28ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) s’est tenue du 30 novembre au 13 décembre 2023 à Dubaï.

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Carême 2024

S’arrêter et écouter, parce que le carême est un temps de désert pendant lequel nous sommes invités à nous ralentir et nous arrêter.

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