Haie de Benjes.
Un après-midi pour construire une haie.
Un après-midi de juillet 2023 dans le verger Laudato Si’ de Gresswiller nous accueillons un groupe de jeunes de la JOC. Ce verger, lieu de convivialité et de contemplation où toute chose peut louer Dieu à sa manière devient, en l’espace d’un instant et dans la bonne humeur, une vraie fourmilière.


Ils sont venus avec tout leur enthousiasme et leur curiosité prêter main forte pour créer une « haie de Benjes » et entretenir le verger. Tandis qu’une partie du groupe ramassait l’herbe fauchée la veille et la mettrait en andain à la limite de propriété pour permettre, après décomposition, quelques plantations potagères, d’autres, sous la « houlette » du responsable, ont fait des trous, planté des piquets à distance définie. Ce travail physique dans une ambiance bon enfant a permis à plusieurs jeunes de comparer leur force : à qui frappait le plus fort ! mais le sol était sec et dur et les piquets récalcitrants : ils ont refusé de s’enfoncer de plus de 30 cm.

Nous attendrons les pluies d’hiver pour finir le travail au printemps et les enfoncer suffisamment pour obtenir un bon encrage. L’espace ainsi délimité a été rempli de bois morts, principalement les branches sèches que nous avons coupées sur les vieux arbres. Elles se décomposeront lentement sur place et créeront un biotope particulier d’où naîtra naturellement, dans quelques années, une haie vive. Ce sera aussi un refuge pour toutes les petites bestioles du Verger. Les travaux finis, nous avons dégusté un jus de pommes maison et des gâteaux.
Un grand merci à la joyeuse équipe et à leurs accompagnateurs pour ce coup de pouce.
Qu’est-ce qu’une haie de Benjes ?
Cette haie, pas ou peu coûteuse, est très simple à mettre en place. Dès son implantation dans le jardin individuel ou collectif, elle va servir de havre pour la biodiversité locale, de brise-vent pour les cultures (ou de brise-vue !) et de réservoir à matière organique. À terme, une véritable haie vive s’établira et prospérera.
Les haies de Benjes tirent leur nom de leur créateur Herman Benjes, un écologue allemand (1937-2007) qui a mis au point cette technique à la fin des années 80. Elle consiste à entasser des branchages de bois mort, des racines, des rameaux à l’horizontal entre des piquets en bois ou en métal jusqu’à un mètre de hauteur ou un peu plus. L’idée de Herman Benjes est de créer les conditions propices à l’établissement d’une haie variée naturellement constituée d’essences locales. Il faudra par contre être patient le temps que la haie se mette en place.
Une haie pour initier la vie
Les graines contenues dans les déjections des visiteurs de la haie (petits mammifères, oiseaux…) ensemenceront l’amas de branchages avec les graines d’espèces végétales environnantes. La haie sera donc constituée des espèces végétales des alentours.
Par ailleurs, cette haie peut servir de tuteur, de support aux potirons, concombres, melons, ou à la capucine par exemple.
Enfin, ces haies mettent les cultures à l’abri des vents mais retiennent aussi les feuilles mortes et servent donc de réservoir de matière organique à proximité des zones cultivées.
